Repères essentiels
- Dates
- 1919–2014
- Académie de Vienne
- Entrée en 1941
- Séjour à New York
- 1968–1980
- Lion d’or pour l’ensemble de la carrière
- 2013
Peindre ce qui est senti
Née en Carinthie en 1919, Maria Lassnig entre à l’Académie des beaux-arts de Vienne en 1941. Dès les années 1940, elle développe ce qu’elle nommera Körperbewusstsein, ou conscience corporelle : peindre les zones du corps qu’elle perçoit au moment du travail. La méthode ne consiste donc pas à décrire fidèlement un visage dans le miroir. Certaines parties apparaissent intensément colorées, tandis que d’autres restent incomplètes ou disparaissent faute de sensation immédiate.
Les autoportraits qui en résultent peuvent sembler distordus, fragmentaires ou vulnérables. Leur étrangeté découle pourtant d’une règle d’attention précise plutôt que d’un effet expressionniste arbitraire. Lassnig emploie aussi des objets, prothèses imaginaires, armes ou animaux qui modifient la relation entre corps et environnement. La couleur agit comme un indicateur sensible, sans code stable valable pour toutes les œuvres : un vert ou un rose doit être lu dans sa composition particulière.
Paris, New York et film expérimental
Après des séjours à Paris, Lassnig s’installe à New York de 1968 à 1980. Elle y étudie le cinéma d’animation et réalise des films où dessin, photographie, voix et mouvement prolongent ses recherches corporelles. Selfportrait, daté de 1971, associe métamorphoses dessinées et chanson interprétée par l’artiste. Le film ne documente pas simplement ses tableaux : durée, montage et performance vocale produisent une forme autonome de réflexion sur l’identité.
Revenue à Vienne en 1980, elle devient professeure à l’Université des arts appliqués et y dirige une classe de peinture. Sa reconnaissance internationale s’accélère tardivement. En 2013, la Biennale de Venise lui attribue, avec Marisa Merz, un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière. La rétrospective organisée par MoMA PS1 en 2014 réunissait peintures et films sur plusieurs décennies, replaçant la conscience corporelle dans une pratique expérimentale continue plutôt que dans une confession autobiographique isolée.
Bibliographie courte commentée et niveau de preuve
Sources de contenu et ressources officielles
- Maria Lassnig — Museum of Modern ArtDates, rétrospective de 2014, conscience corporelle, séjour new-yorkais, films et autoportraits.
- Maria Lassnig — Museum of Modern ArtIdentité, chronologie des peintures, dessins, estampes et films.
- Golden Lions for Lifetime Achievement 2013 — La Biennale di VeneziaAttribution du Lion d’or pour l’ensemble de la carrière en 2013.
- Maria Lassnig: New York Films 1970–1980 — Museum of Modern ArtFilms new-yorkais, animation, autoportrait, durée et prolongement de la conscience corporelle.
Sources contrôlées le 15 août 2026. Comprendre leur rôle →
