Repères essentiels
- Date
- 2001
- Matériaux
- Mannequin en fibre de verre, coton imprimé, balançoire et feuillage artificiel
- Dimensions
- 330 × 350 × 220 cm
- Collection
- Tate, Londres — T07952
Chronologie vérifiée
Fragonard cité, mais profondément déplacé
Shonibare reprend la figure centrale et la pantoufle projetée des Hasards heureux de l’escarpolette, peints par Fragonard vers 1767–1768. Le tableau de la Wallace Collection met en scène une jeune femme entre un mari et un amant dans un jardin théâtral. L’installation isole ce moment : les deux hommes disparaissent, le corps quitte la toile et la végétation devient un décor artificiel que le public peut contourner.
Le mannequin grandeur nature est décapité, procédé fréquent chez Shonibare qui évite d’assigner une identité faciale stable et rappelle aussi les renversements politiques de la fin du XVIIIe siècle. Pourtant, la pose, la robe volumineuse et le mouvement suspendu conservent le plaisir visuel du rococo. L’œuvre ne corrige pas simplement Fragonard ; elle maintient ensemble séduction, privilège, violence historique et spectacle.
Le textile comme histoire en circulation
La robe ne reproduit pas la soie rose du modèle. Elle est confectionnée dans un coton imprimé associé à l’Afrique de l’Ouest et couramment appelé Dutch wax. Ce matériau, devenu signature de Shonibare, déjoue l’idée d’une origine culturelle pure : ses motifs et ses circuits commerciaux sont liés à des échanges entre Europe, Asie et Afrique, puis à des usages locaux qui leur donnent de nouvelles significations.
L’échelle de l’installation — 3,30 mètres de haut et 3,50 mètres de large — engage le corps du visiteur autrement que la petite toile de Fragonard, haute de 81 centimètres. Comparer les deux œuvres clarifie les opérations plutôt que de chercher une copie fidèle : extraction d’un personnage, suppression de la tête, changement de matière et passage à l’espace réel. C’est dans ces écarts que Shonibare interroge classe, empire et identité contemporaine.
À poursuivre dans le Répertoire
- Artiste
Yinka Shonibare
Profil de l’artiste auquel le Répertoire attribue cette œuvre.
- Œuvre
Nelson’s Ship in a Bottle
Autre œuvre de Yinka Shonibare à comparer dans le Répertoire.
Ce qui est établi, interprété ou incertain
Établi
Faits contrôlables
Date : 2001 · Matériaux : Mannequin en fibre de verre, coton imprimé, balançoire et feuillage artificiel · Dimensions : 330 × 350 × 220 cm.12
Interprété
Lecture matérielle et visuelle de cette œuvre
Shonibare reprend la figure centrale et la pantoufle projetée des Hasards heureux de l’escarpolette, peints par Fragonard vers 1767–1768. Le tableau de la Wallace Collection met en scène une jeune femme entre un mari et un amant dans un jardin théâtral. L’installation isole ce moment : les deux hommes disparaissent, le corps quitte la toile et la végétation devient un décor artificiel que le public peut contourner.12
Incertain ou limité
Ce que la page ne prouve pas
L’échelle de l’installation — 3,30 mètres de haut et 3,50 mètres de large — engage le corps du visiteur autrement que la petite toile de Fragonard, haute de 81 centimètres. Comparer les deux œuvres clarifie les opérations plutôt que de chercher une copie fidèle : extraction d’un personnage, suppression de la tête, changement de matière et passage à l’espace réel. C’est dans ces écarts que Shonibare interroge classe, empire et identité contemporaine.
Sources et niveau de preuve
Sources de contenu et ressources officielles
- The Swing (after Fragonard), 2001 — Yinka Shonibare StudioNotice primaire : matériaux, dimensions, date et collection Tate.
- Yinka Shonibare, The Swing (after Fragonard), 2001 — TateInventaire, description, acquisition et analyse du mannequin, du costume et de la référence rococo.
- Les hasards heureux de l’escarpolette (The Swing) — Wallace CollectionDate, dimensions et iconographie du tableau de Fragonard cité par Shonibare.
Sources contrôlées le 15 août 2026. Comprendre leur rôle →
