Repères essentiels
- Dates
- 1964–1965
- Technique
- Huile sur toile avec aluminium, 23 sections
- Dimensions
- 304,8 × 2 621,3 cm
- Collection
- Museum of Modern Art, New York — 473.1996.a–w
Chronologie vérifiée
Une peinture conçue autour du spectateur
Rosenquist dimensionne d’abord F-111 pour les quatre murs de la première salle de la Leo Castelli Gallery, où l’ensemble est montré au printemps 1965. Le fuselage traverse la composition de bout en bout. Parasol, gâteau, pneu, ampoules, fillette sous un casque-séchoir, spaghetti et champignon atomique s’y heurtent à des changements d’échelle comparables au montage d’une publicité urbaine.
Le MoMA conserve l’œuvre en vingt-trois sections, mais sa lecture ne se résume pas à une suite de tableaux. Installée en continu, elle déborde le champ frontal et mobilise la vision périphérique. Cette relation architecturale vient de l’expérience de Rosenquist comme peintre d’enseignes : les fragments surdimensionnés sont immédiatement séduisants, tandis que leur proximité empêche d’en saisir d’un regard la totalité.
Consommation et économie de guerre
Le F-111 était encore en développement lorsque l’artiste commence ses recherches en 1964, au moment de l’escalade américaine au Vietnam. Rosenquist relie l’avion financé par l’impôt aux produits de consommation qui promettent la prospérité des ménages. La petite fille placée sous un séchoir en forme de casque et le pneu industriel condensent ce paradoxe : le confort civil dépend aussi d’une économie militaire.
Le propos ne tient donc pas à un symbole isolé. C’est la collision entre motifs qui fait sens : le spaghetti devient un tir de barrage, le parasol jouxte l’explosion nucléaire et le plongeur paraît manquer d’air. Les couleurs brillantes conservent leur pouvoir d’attraction tout en révélant ce qu’elles recouvrent. F-111 utilise le langage publicitaire moins pour célébrer l’abondance que pour rendre visible l’enchevêtrement de la guerre, des médias et du marché.
À poursuivre dans le Répertoire
- Artiste
James Rosenquist
Profil de l’artiste auquel le Répertoire attribue cette œuvre.
Ce qui est établi, interprété ou incertain
Établi
Faits contrôlables
Dates : 1964–1965 · Technique : Huile sur toile avec aluminium, 23 sections · Dimensions : 304,8 × 2 621,3 cm.12
Interprété
Lecture matérielle et visuelle de cette œuvre
Rosenquist dimensionne d’abord F-111 pour les quatre murs de la première salle de la Leo Castelli Gallery, où l’ensemble est montré au printemps 1965. Le fuselage traverse la composition de bout en bout. Parasol, gâteau, pneu, ampoules, fillette sous un casque-séchoir, spaghetti et champignon atomique s’y heurtent à des changements d’échelle comparables au montage d’une publicité urbaine.12
Incertain ou limité
Ce que la page ne prouve pas
Le propos ne tient donc pas à un symbole isolé. C’est la collision entre motifs qui fait sens : le spaghetti devient un tir de barrage, le parasol jouxte l’explosion nucléaire et le plongeur paraît manquer d’air. Les couleurs brillantes conservent leur pouvoir d’attraction tout en révélant ce qu’elles recouvrent. F-111 utilise le langage publicitaire moins pour célébrer l’abondance que pour rendre visible l’enchevêtrement de la guerre, des médias et du marché.
Sources et niveau de preuve
Sources de contenu et ressources officielles
- James Rosenquist, F-111, 1964–65 — Museum of Modern ArtTechnique, dimensions, 23 sections, inventaire, iconographie et installation d’origine.
- James Rosenquist: F-111 — Museum of Modern ArtContexte vietnamien et commentaires de Rosenquist sur chaque motif.
- Chronology: 1960s — James Rosenquist StudioRecherches de 1964, fabrication, exposition Castelli de 1965 et conception enveloppante.
Sources contrôlées le 15 août 2026. Comprendre leur rôle →
